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   Les débats télévisés ont-ils un impact décisif sur les élections présidentielles ?

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   Les débats télévisés ont-ils un impact décisif sur les élections présidentielles ?

 

D’une manière générale, les débats ont un caractère plus formel et “routinisé” que les conversations, et cela va à fortiori pour les débats présidentiels, qui obéissent à un cérémonial dont les règles se sont rapidement stabilisées.

Signalons simplement pour l’instant le fait que la plupart des règles du jeu de langage bien particulier, demeurent implicites, et que même en cas de codification explicite, on observe une certaine souplesse dans leur application.

Le corpus constitue donc un formidable champ d’observation pour tous les types de négociations qui se peuvent rencontrer dans les échanges en tous genre, et qui sont abondamment représentés dans ces débats (négociation du script de l’interaction, des tours de parole, des signes manipulés et des interprétations effectuées, des faits, chiffres et opinions, des ethos et du rapport de places, etc.).

  Les caractéristiques de l’approche :

Sur les débats en général, la littérature est fort abondante, et le cas particulier des débats présidentiels a lui-même donné lieu à un certain nombre de travaux relevant d’approches diverses.

Pour ce qui est de la perspective linguistique, mentionnons pour les études les plus générales (étant donné que d’autres études plus ponctuelles seront évoquées en cours de route) les volumes publiés par le Groupe Saint-Claude (1995 et 1999) sur les campagnes de 1988 et 1995 respectivement ; sur celle de 2007, Bertrand et al. (2007), Charaudeau (2008) ainsi que les numéros 89 (mars 2009) et 90 (juillet 2009) de la revue mots ; et sur “les discours présidentiels et de présidentielles” dans leur ensemble, le numéro 112 (novembre 2016) de cette même revue.

C’est également d’une approche linguistique, plus précisément d’une approche discursivo-rhétorico-interactionnelle, qui s’intéresse moins à la nature des contenus échangés, qu’aux “manières de faire”, aux stratégies déployées par les différents participants pour parvenir à leurs fins.

Corrélativement, cette approche est essentiellement qualitative.

   Approche qualitative vs quantitative :

Le corpus est constitué des six débats de l’entre-deux-tours des présidentielles réalisées à ce jour (de 1974 à 2012), soit exactement quatorze heures et vingt-trois minutes d’enregistrement.

Il s’agit là typiquement d’un “petit corpus”, qui présente l’avantage de permettre une analyse qualitative détaillée tout en autorisant certaines généralisations fondées sur des comptages manuels.

Cette méthode artisanale est bien évidemment inadaptée au traitement “des grands corpus”, pour lesquels il est indispensable de recourir à “des grands moyens”.

“L’approche “lexicométrique” (aujourd’hui rebaptisée “textométrique” ou “logométrique”), de tradition relativement ancienne en France, a été appliquée de façon privilégiée à l’étude du discours politique et en particulier, durant la dernière décennie, à celle des discours produits lors des campagnes présidentielles.

Les avantages d’une telle approche, qui repose sur le traitement informatique du corpus, sont évidents : elle permet de traiter de manière systématique une grosse masse de données en un temps record, affirme, Audrey Crespo-Mara.

L’exemple de Mayaffre (2012) : le corpus est constitué de l’ensemble des discours du président Chirac (allocutions, interviews, articles, …) durant son septennat de 1995-2002, comparés à ceux de ses prédécesseurs, soit un total de 1800 discours et 4,4 millions d’occurrences lexicales, ce qui est plus qu’impressionnant”, Audrey Crespo-Mara, journaliste de LCI.

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